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ClassiqueNews, Jany Campello

FABRIZIO CHIOVETTA DONNE DES COULEURS À SA CARTE BLANCHE

On ne transige pas avec Mozart, surtout joué par Fabrizio Chiovetta....
Fabrizio Chiovetta, originaire de Genève, est un pianiste discret au parcours remarquable. Issu de la Haute école de musique, il a été un disciple privilégié de Paul Badura-Skoda. Il joue à peu près partout dans le monde, et son disque Mozart (Aparté, 2017) a reçu le meilleur accueil du milieu musical. C’est avec son Rondo en la mineur KV 511 qu’il ouvre son récital. Une œuvre à part dans le répertoire pianistique du compositeur. Il faut y entrer dès les premières notes, les habiter dans leur dénuement, marquer le pas de cet andante sans trop en faire au risque de l’empeser, trouver la justesse, la simplicité, déshabiller les notes, le chant...La musique pour piano de Mozart est un magasin de porcelaines, où le moindre faux pas...Chiovetta dans une sonorité très contrôlée, sans que pour autant cela ne soit apparent, nous tient dans son intimité, attrape notre oreille avec son jeu feutré, nous transmet cette indicible et fragile émotion dont seule la musique de Mozart est capable, sans à aucun moment la briser, la compromettre. Il chante dans des nuances extrêmement fines et délicates, déroule avec fluidité les arabesques des variations, soupire, nous plonge dans les pensées d’un Mozart qui s’adresse à lui-même, et nous touche. « Le Rossignol en amour » arrive comme un rayon de lumière dans cet univers intimiste qui va se prolonger avec Schubert. Tristan Murail vient de composer cette pièce pour sa création au festival; elle suit d’ailleurs celle créée l’année dernière par François-Frédéric Guy, « Cailloux dans l’eau », première d’un recueil qui devrait en rassembler quatre ou cinq, le compositeur, comme il nous le confesse, suivant le fil non prémédité de son imagination. L’œuvre est directement inspirée du chant de l’oiseau, qu’il a analysé avec l’ordinateur. Ce chant, ses timbres, ses textures sont ainsi reconstitués dans leur richesse et leur grande complexité sonore, au cœur d’une composition très équilibrée, dont l’espace prend son volume sur les douces résonances basses du piano que Chiovetta dose avec tact. De son mystère nocturne à sa solaire jubilation, cette pièce est un enchantement, et le pianiste qui la joue par cœur la pare de toutes ses couleurs. Retour à l’intimisme pré- romantique avec Schubert. Un demi-ton plus haut et en mode majeur (si bémol majeur), l’ultime sonate D 960 apparaît, après le Rondo mozartien, comme une consolation. On lui retrouve la simplicité et le dénuement du chant, très caressant au début, et Chiovetta dans une économie de décibels poussée au maximum semble jouer à part lui, au point de nous faire ressentir un sentiment d’intrusion. Mais n’est-ce pas justement cela qui est émouvant dans cette musique? Il nous fait pénétrer l’univers intérieur de Schubert, non pas en l’étalant, mais au contraire en le rassemblant, en réduisant encore davantage son espace, et l’on imagine le compositeur jouant des heures entre ses quatre murs, bien loin du monde. On retient son souffle à l’écouter, à écouter l’andante sostenuto dans sa ténuité, sa basse inexorable juste effleurée, et après un élan de ferveur ses ppp à la limite du son, à la limite du souffle, de ce qu’il a de viable, dans une absence totale de tension, dans une énergie infinitésimale. Le scherzo est aérien et vole vers le finale Allegro ma non troppo parcouru de sentiments contradictoires, entre légèreté d’humeur et révolte véhémente, mais toujours dans ce naturel de l’expression, cette simplicité essentielle, qui exclut toute gravité dans tous les sens du terme, cette tentation à laquelle cèdent bien des pianistes. Et c’est heureux d’entendre ainsi ce Schubert.

BRITTEN ET BRAHMS PAR HENRI DEMARQUETTE ET FABRIZIO CHIOVETTA

On retrouve un peu plus tard Fabrizio Chiovetta avec le violoncelliste Henri Demarquette, dans un programme séduisant (...) La sonate en ut majeur opus 65 de Britten ne manque pas de sel, et Demarquette s’amuse de sa verve et de son humour. Cet épatant musicien-comédien nous séduit par sa finesse d’esprit et de jeu, et joue avec son partenaire pianiste à qui aura le dernier mot dans le second mouvement tout en pizz, introduit dans une plaisante petite mise en scène. C’est drôle et élégant, jusque dans la chute où le violoncelle, fair play, laisse au piano la faveur de la ponctuation finale. Henri Demarquette fait preuve d’une aisance et d’une précision incroyables dans la virtuosité particulière de cette sonate truffée de trouvailles, d’effets expressifs, dont il décline le piquant vocabulaire et relève l’accentuation avec un réel à-propos plein de fantaisie, en toute complicité avec le pianiste. Dans un ton beaucoup plus sérieux, la sonate n°1 opus 38 de Brahms est une œuvre où vigueur et lyrisme doivent s’appuyer sur un équilibre constant entre les deux instruments. Les deux musiciens en trouvent la traduction idéale, remarquable de générosité et d’ampleur. Le piano dans ses émergences illumine le propos, répond à l’archet qui tend ou arrondit les lignes en soutenant lui-même la tension expressive sous un jeu enflammé. Il se dégage une force prégnante de leur interprétation, servie par l’archet brûlant de Demarquette, et un pianiste qui ne reste pas en arrière.

Le succès les rappelle sur scène: ils nous font la grâce de nous offrir la plus émouvante mélodie romantique française, le Spectre de la rose extrait des Nuits d’été de Berlioz, par la voix du violoncelle. Un moment sans paroles, de pure beauté et d’émotion.

Diapason, Bertrand Boissard

Après Bach et Schumann, Fabrizio Chiovetta aborde Mozart. Quoi de plus logique pour le disciple de Paul Badura-Skoda, à qui l’album est dédié? Son interprétation véloce, pleine de santé de l’Allegro maestoso de la Sonate en la mineur colore les élans très Sturm und Drang que pointe la notice de Jean-Jacques Eigeldinger. Le pianiste suisse déclame à pleins poumons l’Andante cantabile con espressione. Qui lui reprocherait de jouer la carte du bel canto? Sous ses doigts, la Sonate en fa majeur, une des plus belles du compositeur, est remarquable d’autorité, de tempérament. Et quel sens de la ligne dans cet Adagio à la sérénité immaculée. Le finale, Allegro assai, impressionne par son allure, son brio toujours dominé. Rien ne vient troubler la quiétude d’un Rondo KV 511 revenant à la tonalité initiale de la mineur, et qui semble descendre des cieux. Surprise: après plus d’une minute de silence, retentit sur la même plage l’Adagio pour harmonica de verre en do majeur - non crédité. Soyez patient: ce bonus caché, joué dans une lumière céleste, nous maintient dans les hauteurs.

Artamag', Jean-Charles Hoffelé

Dobbiaco vous connaissez ? Et si je vous dis Toblach ? Un petit chalet qui regarde la montagne, Das Lied von der Erde ?

C’est dans les paysages qui auront porté les ultimes inspirations de Gustav Mahler que Fabrizio Chiovetta a enregistré ce disque périlleux : trois Sonates de Mozart, le Rondo en la mineur. Jean-Jacques Eigeldinger lui signe le texte de pochette, aussi finement réglé que l’est cette merveille de Steinway (messieurs les pianistes, notez le numéro : 578416) que le pianiste joue dans l’acoustique immaculée de la Sala Mahler dont les micros de Maximilien Ciup restituent l’aération.

Périlleux de commencer recta sur le Maestoso de la Sonate en la mineur, où Dinu Lipatti faisait assaut de classicisme, où à la reprise Walter Gieseking faisait claquer des ténèbres très Don Giovanni. Fabrizio Chiovetta équilibre tout, geste souverain, piano volatile, main gauche élégante, l’urgence, ce n’est pas la fièvre, c’est l’envol, et jusque dans les nuances dolce, dans les contrechants, dans les contre-jours, ce piano léger mais ample s’élève et vous transporte. Merveille classique très Lipatti où se glisse une pointe de Sturm und Drang.

Et la confidence ? Ecoutez un peu le récitatif très « Porgi amor » qui dore de sa mélodie mélancolique l’Adagio de la Sonate en mi bémol majeur, idée de génie que le pianiste murmure dans l’ivoire et l’ébène avec partout cette lumière douce, féminine. La Comtesse, on vous dit ! Cette Sonate en demi-caractère est l’une des plus délicates à cerner, je ne l’ai pas entendu aussi sentie depuis Paul Badura-Skoda, dédicataire de l’album, un hasard ?

La structure parfaite et le discours fluide mais brillant de la Sonate en fa majeur est plus aisé à saisir, mais aussi à brusquer. Le jeune pianiste suisse s’en garde bien, la jouant à la façon dont Kempff jouait son Mozart, faisant chanter les timbres dans le mouvement, ponctuant d’une main gauche vive mais jamais sèche, ébrouant le grand geste festif d’un Finale sans nuage. Mozart se régale !

Et puis rêve, nostalgique mais pas désespéré, dans le plus tendre, le plus pudique des Rondo en la mineur que j’ai entendus depuis celui de Lili Kraus. À la toute fin du disque, pour ceux qui savent écouter, les cinquante-huit mesures de l’Adagio pour harmonica de verre éclairent la nuit.

MUSICA *****

Tra le innumerevoli incisioni di musiche di Bach al pianoforte questa del pianista svizzero Fabrizio Chiovetta si distingue come una delle piu` godibili degli ultimi anni. La scelta dei braninon rispetta alcuna finalita`, se non quella del gusto personale, che dovrebbe sempre fare da guida nella scelta delle musiche da eseguire: tre composizioni tra le piu` belle del catalogo bachiano per tastiera, caratterizzate tutte da uno stile concertante, da una fantasia incessante, da sapienza costruttiva unita a sfrenato virtuosismo digitale. Il pianista ginevrino vi si accosta con pudore e devozione senza lasciarsi pero` intimorire dal genio, dando libero corso alla propria fantasia di interprete, con una tavolozza di colori ricchissima (perche´ privarsene, dal momento che si e` deciso di utilizzare uno Steinway?), facendo buon uso del pedale di risonanza, accentuando i ritmi di danza. Ne escono ritratti, non di austeri paesaggi germanici, ma abbaglianti luci della laguna veneziana impregnate
del gusto concertante vivaldiano. Mi vengono in mente pochi pianisti degli ultimi anni che abbiano saputo proporre un Bach cosı` vivo e intrigante. Vien voglia di ascoltarlo e riascoltarlo ancora, nella speranza che Chiovetta voglia cimentarsi ancora con altre composizioni bachiane: quelle che vorra` , naturalmente, senza obblighi di integrali,ma per il puro gusto di condividere con l’ascoltatore le sue passioni musicali.
Stefano Pagliantini

Stefano Pagliantini
hr2 kultur, Natascha Pflaumbaum

Fabrizio Chiovetta, der durchdachte Perfektionist

Es gibt viele Pianisten, die gut Bach spielen können. Denn Bach ist sozusagen die Königsdisziplin unter den Pianisten: Selbst wenn ein Solist die klangvollsten, größten Konzerte spielt, zeigt sich doch erst bei Bach sein wahres Können.

Der Schweizer Pianist Fabrizio Chiovetta hat nun eine CD mit Bach-Suiten vorgelegt. Er ist in Genf geboren, hat dort studiert, lebt auch noch in seiner Heimatstadt. Sonderlich bekannt ist Chiovetta nicht - aber das sollte sich dringend ändern, meint unsere Rezensentin Natascha Pflaumbaum. Hören Sie im Fenster rechts ihren CD-Tipp.

Ganze vier CDs hat der Genfer Pianist Fabrizio Chiovetta erst vorgelegt: ein Schumann-Album, ein Schubert-Album, eines von Haydn und nun diese CD mit 2 Suiten von Bach und Bachs erstes Partita. Vier CDs in sieben Jahren: das ist wirklich nicht viel. Aber: jede ein großer Wurf. Da überlegt einer anscheinend genau, was er macht. Und da weiß einer auch genau, warum er es macht.
 
Schon nach wenigen Takten dieser "Ouvertüre nach Französischer Art" – so der Originaltitel von Johann Sebastian Bach – bemerkt man: Fabrizio Chiovetta ist mit dieser Musik komplett verbandelt, dieser Künstler versteht und spielt sie aus ihrer Struktur heraus, er entfaltet sie klar und kantabel, lyrisch, alles aus der Struktur heraus - analytisch. Dank seiner wirklich alles beherrschenden Technik kann Chiovetta jede Nuance dieser vielschichtigen Kompositionen fein und vor allem kontrolliert ausspielen.

Jeder Satz der Suiten, jeder Satz der Partita ist von Anfang bis Ende durchinszeniert. Tempo, Accelerando, leichteste Crescendi und Decrescendi sind kunstvoll bemessen, gesetzt, aber in der Gesamtschau keineswegs artifiziell. Am Schluss eines jeden Satzes erscheint alles wie aus einem Guss, erscheint alles so lebendig. Das liegt daran, dass das Metrum, über das Fabrizio Chiovetta alles steuert, sich irgendwann verselbständigt, es wird zu jenem menschlichen Puls, über den der Solist die Musik beim Hörer erst in Bewegung setzt. Herzschlag für Herzschlag. So erreicht man Zuhörer.

Fabrizio Chiovettas Bach-Spiel hat so unglaublich viele Facetten, man mag diese CD mit den Noten auf den Knien lesen, um zu sehen, "wie er was macht", wie er überhaupt die Noten versteht, wie er das Geschriebene umsetzt. Am meisten gefällt mir sein trockenes und luftiges Legato, das an Cembalo-Spiel erinnert, aber bei weitem nicht so "pickend" ist wie das Spiel von Glenn Gould.

Bach ist Bach ist Bach ist Bach - und doch gibt es tausend Arten, ihn zu spielen. Gerade seine Musik für Tasteninstrumente lässt viel Spielraum für gute Ideen. Fabrizio Chiovetta ist einer, der diesen Spielraum sieht und nutzt. Es wundert, dass der Mann kein Star ist. Ach, und es wundert auch wiederum gar nicht. Denn wer so gut spielt, braucht den Marketing-Trubel nicht. Er will einfach nur spielen. Was für eine Entdeckung!

Le Courrier, Marie-Alix Pleines

Un clavier jubilatoire

(Fabrizio Chiovetta, Bach "Keyboard Suites") Aparté

Sur son nouvel opus qui paraît chez Aparte, le pianiste genevois Fabrizio Chiovetta livre une ­interprétation jubilatoire de quelques Klavierübungen de belle tenue, tirés de l’encyclopédie exhaustive de la «Pratique du clavier» version J.S. Bach. En quatre ­volumes culminant avec les célébrissimes Variations Goldberg, un des plus géniaux improvisateurs de son temps – et probablement de tous des temps – propose en effet ouvertures, suites et autres partitas fougueuses et dansantes, marquées par une rhétorique mélodique et contrapuntique à la fois sobre et chatoyante.

Cette rhétorique ciselée et élégante, qui caractérise la liberté inventive du style français ­baroque dont s’inspire Bach, Fabrizio Chiovetta en imprègne chaque contour de ces danses atemporelles et semble en improviser les détours virtuoses. Assumant avec brio un clavier contemporain, le musicien parvient à recréer l’ambiance palpitante d’une improvisation baroque. Du grand art, à apprécier avec sérénité!

Marie-Alix Pleines

Pianiste, Jean-Noël Coucoureux

Ce florilège intelligemment construit nous permet d'embrasser les multiples facettes du style pianistique de Haydn. Fabrizio Chiovetta fait preuve d'une grande compréhension de cet univers kaléidoscopique, lequel ne se révèle jamais mieux que lorsque l'interprète bannit tout excès d'afféterie, s'appuyant sur la précision du toucher pour révéler avec clarté l'expressivité, instillant ici et là une pointe d'humour. D'où la grande retenue dans l'utilisation des effets de pédale et du rubato. Ces ingrédients nous valent des interprétations apolliniennes assez proches de celles de Backhaus (Decca) comme l'illustre le Presto de la Sonate Hob XVI:34, épuré et concis, et dont les motifs enjoués, en écho d'une main à l'autre, évoquant l'univers aérien de Scarlatti. Le sublime Adagio da la Sonate n.31 est joué avec raffinement et poésie légère, avec la même verve narrative et la sensation d'improvisation qui sou-tend l'interprétation aérienne de la sonate n.33.
L'art narratif, l'élégance tu toucher et l'imagination du pianiste italien font merveille pour animer les subtiles et contrastées Variations en fa mineur, les plus élaborées composées par Haydn. Un très beau disque

NZZ, Wolfgang Stähr
Schubert Radikalität
Nach wenigen Takten schon hat der Genfer Pianist Fabrizio Chiovetta seine Hörer auf die andere Seite gezogen. Er spielt Franz Schuberts letzte Klaviersonate (B-Dur, D 960), die der Komponist wenige Wochen vor seinem Tod vollendete, und erschliesst mit dieser Musik ein Bewusstsein der Zeit, die nicht mehr voranschreitet, keine Veränderungen auslöst, kein Ziel verfolgt. Zeit, die nicht vergeht? Chiovetta hebt die Wahrnehmung sacht aus dem gewohnten Gleis, indem er die unablässig repetierten Begleitfiguren klar und deutlich in Anschlag bringt – das paradoxe Phänomen einer metrischen Präsenz, die sich selbst aufhebt –, um zugleich aber die versteckten, sozusagen inwendigen Melodien auf die schönste, nämlich «cantable Art» zu musizieren. Mit beinah unmerklichen Korrekturen am Grundtempo hält er die Sonate in Bewegung, sogar eine untergründige Nervosität ist zu spüren, ohne dass im strengen Sinne etwas geschieht. Chiovetta betrachtet die Musik mit einer Tiefe der Kontemplation, die in jeder Hinsicht des Wortes unzeitgemäss erscheint. Bei dieser Aufnahme lernt man die Radikalität der Schubertschen Kompositionskunst zu begreifen, die Realitätsverweigerung, die Abkehr von jeder Aussenwirkung, von Opulenz und Illusionismus. Fabrizio Chiovetta sieht deshalb auch im Vortrag der Moments musicaux D 780 von aufgesetzten Kontrasten ab; er betont vielmehr die Kargheit, die lineare Ausdünnung, die Verschwiegenheit dieser Musik, die endlos in sich kreist und einfach aufhört, ohne je zu einem Schluss zu kommen.
Franz Schubert: Klaviersonate in B-Dur D 960, Moments musicaux D 780. Fabrizio Chiovetta (Klavier). Claves 50-1213 (1 CD).

 

Classics Today France, Christophe Huss
9/9
Cet admirable pianiste suisse, que je ne connaissais pas, a de Schubert une vision très posée et juste. Il maîtrise l'essentiel, c'est à dire l'espace temps, dans lequel la grande Sonate D. 960 se déploie. Il greffe sur l'inéluctable avancée quelques élans, comme des espoirs brisés, mais sans perturber la "Wanderung", pérégrination aussi fondamentale ici que dans le 2e volet de la Symphonie n° 9.Chiovetta est un pianiste qui respire - et il respire juste. Son principal mérite est de ne pas parasiter la musique avec son égo et les petits tics de ces pianistes qui veulent montrer qu'ils ont compris que l'heure est grave. Il réussit également le redoutable test de la fnesse de toucher dans la pulsation rythmique du 2e mouvement et confrme dans les Moments musicaux la force du bon sens, du talent etde la modestie.
Ce Schubert presque désarmant de naturelle simplicité en remontrerait à bien des versions huppées lors d'une écoute en aveugle... Bravo!
24 Heures, Matthieu Chenal
On se souvenait d'un Winterresie saisissant au Festival Cully Classique. Fabrizio Chiovetta y accompagnait le baryton Roman Trekel et ce piano-là portait déjà le chant schubertien avec une fraternité de douleur inégalée. Le premier disque du pianiste genevois chez Claves retrouve les mêmes accents de sincérité et de grâce, sans la voix, mais en murmurant l'ultime Sonate dont l'Andante sostenuto tient du miracle.

 

Diapason, Etienne Moreau
Avec Jospeh Moog, Finghin Collins ou Cédric Pescia, Claves semble fait la spécialité de nous présenter des talents d'avenir.
C'est encore le cas avec Fabrizio Chiovetta, déjà remarqué pour un Schumann discret et abouti (Palexa). Ce diplômé du Conservatoire de Genève, où il enseigne aujourd'hui, a travaillé son Schubert avec Paul Badura-Skoda. Sa Sonate D960 n'est pas seulement une Sonate en si bémol de plus, car elle a ce pas tranquille et cette simplicité que d'aucuns n'ont jamais su trouver. De nombreux détails, comme le subtil changement de couleur de la réexposition Molto moderato, le poids des voix du Scherzo, l'expressivité du finale ont quelque chose d'intensément vécu. Egalement bien sentis, les Moments musicaux sont dénués de toute affectation. Chiovetta n'accentue jamais ce sentiment d'inexorable, cet avant-goût de mort que certains (Russes, surtout) mettent dans chaque note. Il a raison: le jour où l'on aura envie d'écouter un Schubert juste et sans détours, son disque sera bien utile.
 
American Record Guide, William Bender
SCHUMANN: Kreisleriana; Forest Scenes; Ghost Variations
Fabrizio Chiovetta, p Palexa 542—65:14
This is very good Schumann playing. Fabrizio Chiovetta is Swiss and teaches piano at the Geneva
Conservatory; he made these recordings in two days in Quebec in October 2006 on a gorgeous sounding
Hamburg Steinway. He gives us two of Robert Schumann’s best and most familiar piano cycles,
Kreisleriana and Waldszenen, or Forest Scenes, along with the rarely heard Geistervariationen (Ghost
Variations). The geist is said to be none other than Franz Schubert, but more of that later.
Schumann’s music invites the talents of a master pianistic colorist, and Chiovetta appears to be one of
the best to come along in years. So delicate is his touch with either hand, or both, and with his pedaling,
that he really doesn’t attack (in the musical sense) the Forest Scenes. He is just suddenly there, and we
fnd him strolling Schumann’s woodland with eyes wide open, ears alert, and a mind flled with
imagination and a healthy dose of awe. Chiovetta almost immediately supplants Schumann as our forest
guide and displays a genuine knack for letting the composer’s little idylls insinuate themselves into our
consciousness—letting them seep out, so to speak. His ‘Hunter on the Lookout’ is full of strut and
vigilance, and his ‘Haunted Spot’ is a cozy hobgoblin locale. The ‘Prophet Bird’, so popular for a century
and a half as a solo piece and encore, parades around with an insouciant snap of its beak that suggests
a bird admiring itself in the mirror. Chiovetta is that playful a pianist.
There are so many frst-rate Kreislerianas at hand—Horowitz, Kissin, Rubinstein, and Uchida come
quickly to mind—that a pianist has to be brave or foolish or both to compete. Chiovetta’s Kreisleriana
ought to survive if given any decent kind of support in the marketplace. It is that good. The work, named
after one of ETA Hoffmann’s more fantastical kapellmeister characters, consists of a series of seemingly
ungainly, upward-thrusting latticework clusters that Chiovetta rolls forward with dazzling smoothness and
ease. What is especially impressive here is the way he preserves the long lines of Schumann’s phrasing
without losing a step or the basic pulse. Then, after each cluster, rondo-like, all becomes pure poetry and
the pianist might as well be playing nocturnes by that other giant of romantic pianism, Frederic Chopin—
to whom the work is dedicated. Schumann’s writing here is intricate, beautiful, and diffcult. Chiovetta
gets it all.
The Ghost Variations is one of the composer’s very last works, prayer-like in its 11- minute simplicity, not
deemed worthy to be included in the posthumous edition of his piano works put together by his widow,
Clara, rediscovered only in 1941, a strangely haunting memento of a life tragically foreshortened by the
ravages of syphilis and attempted suicide. One aspect of Schumann’s view of life was his stated belief,
especially near the end of his life, that the spiritual world regularly communicated with the kingdom of
humans. In his notes for this album Geoffrey Dorfman tells us that Schumann had told a friend that the
main theme of the Ghost Variations had been sent from heaven by the deceased Franz Schubert. Pianist
Chiovetta plays the piece in an appealingly straightforward manner; its opening hymn advances with
enough sincerity and conviction to allow the listener to believe what he will.
Classics Today USA, Jed Distler
Solid Schubert from Switzerland 8/9
For whatever reason, the CD catalog offers quite a few discs that couple Schubert’s B-flat Sonata D. 960 with his Six Moments musicaux, featuring artists who range from stylishly individual (Hautzig, Kovacevich, Curzon, Lazic, and Koroliov) to the just plain idiosyncratic (Rangell and Rosser). Happily, the Swiss pianist Fabrizio Chiovetta falls into the former group.
In the sonata first movement he takes the Molto moderato directive seriously, allowing the long and sometimes discursive narrative to unfold simply, abetted by discreet inflections of pulse and delicate yet luminous soft passages. A similar vocally-oriented and steadily flexible trajectory informs the Andante sostenuto. Subtle hues of light and shade characterize the fleet and supple Scherzo, where, interestingly, Chiovetta articulates the Trio’s syncopated bass notes by accenting the second note of each two-note phrase rather than giving both equal weight in the manner of Rudolf Serkin’s arguably overemphatic reading. Wide dynamic contrasts and a steady pulse create a unified context that help give coherent voice to the finale’s volatile mood swings.
In the Moments musicaux, Chiovetta plays the opening unison phrase in a seemingly tentative, questioning manner that actually helps establish the contrasting character of the cross-rhythmic chordal rejoinders that follow, although one might feel the lyrical middle section a shade too introspective and lacking in focus when compared to the more shapely tension and release that equally refined pianists like Curzon and Lupu generate. The opposite holds true in No. 2, where Chiovetta intensifies the central minor episode without sacrificing any of the music’s inherent poetry.
To play No. 3 both simply and thoughtfully is easier in theory than in practice, yet Chiovetta manages to do so while avoiding the slightest hint of contrivance. No. 4’s deliberate tempo might have won me over had Chiovetta roughed up the suave surface to uncover more contrapuntal interest, while No. 5’s dotted rhythms are a bit stolid and square. However, Chiovetta saves his most eloquent and heartfelt artistry for No. 6. He interprets it like a song, with a genuine sense of breath between phrases—and none of the slow-motion bleakness that too many pianists consider profound. Overall, Chiovetta’s superbly engineered Schubert release is well worth considering.

 

Tribune de Genève, Sylvie Bonier
Sous la forêt automnale de la pochette, le pianiste genevois sème un nouvel arbre. Après Schumann en
2010, voici Schubert. Un disque méditatif tout en délicatesse. La sublime Sonate D960 y déroule ses
douceurs sur un toucher de poète. Sereine et rêveuse, elle déploie sa profonde humanité avec un naturel
confondant. On pense à Brendel, et on se dit que ce musicien n'a rien à envier aux grands. Même
quiétude d'âme pour les six Moments musicaux D780, où le clavier se fait caressant et précis, libérant
autant de tendresse que d'ampleur, où et quand la partition le demande, ni plus ni moins, mais avec
quelle élégance...
Pizzicato, Guy Wagner
Schubert ohne Affektiertheit ****
F. Schubert: Klaviersonate B-Dur D 960; Moments musicaux D 780; Fabrizio Chiovetta, Klavier; 1 CD
Claves 50-1213; 2012 (75'48) –
Bei der rezenten Fülle an Schubert-Alben muss man sich schon die Frage stellen, ob noch Interpreten es
wagen können, ‘ihre’ Deutung seiner Musik auf den Markt zu bringen, wenn diese nicht den Geist und
den Gehalt dieser Musik zumindest ehrlich wiedergibt. Gerade die rezenten Einspielungen machen
deutlich, dass Pianisten der verschiedensten Horizonte und Alter die Auseinandersetzung mit Schuberts
Musik gekonnt und gewissenhaft angehen.
Der Genfer Pianist Fabrizio Chiovetta, Schüler von Paul Badura-Skoda (!), setzt sich auf seiner CD
insbesondere mit der allerletzten Klaviersonate in B-Dur D. 960 auseinander und bietet zusätzlich die
‘Moments Musicaux’ D. 780 in einer interessanten, wenn auch nicht ganz schlüssigen Darbietung: Ihr
fehlt die ultimative Kohärenz. Nun gut, die Stücke wurden auch nicht als zusammenhängendes Ganzes
komponiert, sondern entstanden zwischen 1823 und 1828, Schuberts Todesjahr, in dem auch die drei
letzten Sonaten komponiert wurden, und doch schaffen es eine Anzahl von Interpreten, eine Einheit
daraus zu machen. Bei Fabrizio Chiovetta gibt es nur eindrucksvolle Momente, vor allem in beiden
musikalischen Momenten in As-Dur, dem ‘Andantino’ und dem ‘Allegretto’. Sie werden mit großer
Schlichtheit und umso mehr Empfndsamkeit gespielt. Schlichtheit kennzeichnet auch die Darbietung der
B-Dur-Sonate D. 960. Chiovetta lässt sie ohne Affektiertheit, aber mit delikater Tongebung vor uns
entstehen, und so kann die Musik aufblühen, singen, klagen und alles, was Schubert in dieser
Komposition über sich und seine Welt ausgesagt hat, mit großer Natürlichkeit dem Hörer nahebringen,
auch wenn der Einleitungssatz allzu langsam vorgetragen wird (20’44). Das pianistische Können
Chiovettas lässt jedoch nichts zu wünschen übrig.

Le Courrier, Marie-Alix Pleines
Edité chez Claves, Piano Sonata D960 / Moments musicaux, est consacré à Schubert. Plus précisément
au piano schubertien dans ses nuances les plus tendres, les plus émouvantes. De fait, sans un soupçon
de mièvrerie et avec une imagination sonore quasi impressionniste, Fabrizio Chiovetta s'approprie lavec
e raffnement du coeur l'ultime Sonate en si bémol et le six Moments musicaux du divin poète du Lied.
Le pianiste genevois sait chanter tout en narrant. Chambriste averti, doté d'un toucher à la fois précis et
délicat, animant d'une dynamique singulièrement électrisante ce répertoire en demi-teintes, il module
avec une grâce d'orfèvre. Pudeur, lyrisme et compassion caractérisent cette interprétation convaincante
de chefs-d'oeuvre éclos de l'inspiration vibrante d'un Schubert accompli. Aux antipodes de la virtuosité
et de l'expressionnisme postromantiques.

Diapason, Etienne Moreau
5 Diapasons
On aura gardé ce disque sous le coude pendant quelque temps, un peu par paresse, surtout par doute.
Qu'est-ce que ce jeune professeur au Conservatoire de Genève pouvait bien avoir à nous dire qui ne l'ait
déjà été dans les Kreisleriana et les Waldszenen? Et puis, pauvreté de l'année Schumann, présence des
Geistervariationen, scrupule de chroniqueur, on fnit par écouter. Et on réalise l'erreur qui aurait été de
négliger ces Kreisleriana parfaitement pesées, pensées, préméditées même, mais avec quelle
intelligence! On s'en serait voulu de passer à côté de ces Waldszenen calculées, soupesées, ouvragées
et en même temps vécues. Et tout ça dans une sonorité choisie, dans une grande et profonde
respiration, dans un même beau geste d'interprète. Bon, dans les Geistervariationen, on n'oublie pas
totalement que le piano est fait de bois et de métal, la partition d'encre et de papier. Il y a trente ans, ce
disque aurait été une fête; aujourd'hui, malgré Argerich, Pires et les autres, c'est un plaisir, et c'est déjà
beaucoup.
Fanfare Magazine, Steven Ritter
SCHUMANN Forest Scenes, op. 82. Kreisleriana, op. 16. Variations on an Original Theme, WoO24,
“Geister-Variationen”  Fabrizio Chiovetta (pn)  PALEXA 0542 (65:14)
Swiss-born Fabrizio Chiovetta is a name new to me and I imagine to most of you. He began playing at
the age of seven, and has wide musical interests, including jazz and various aspect of music theory. (...)
In an online interview Chiovetta comments that one of the most-often heard comments on his playing
involves the quality of his sound. I can certainly vouch for that here. It is an intimate, warm, and almost
pliable quality that is only helped by the sensitive and breathlessly quiet aspects of this recording. His
Kreisleriana doesn’t quite match up to the recent Klara Würtz offering from Brilliant (33:1). The notes
suggest that Kreisleriana can be approached from three different directions: that of unbridled
tempestuousness that was so characteristic of Schumann’s music; an act of courtship to Clara (it was
one of her ideas that fgured prominently into the work); or a special homage to his friend, fellow
Romantic and inspirational author E.T.A. Hoffman. While Würtz defnitely fts the frst category, I would
suggest that Chiovetta has opted for the second. Though the ravishing and fery passages in this piece
get their due, the communicative nature of the pianist’s playing suggest an underlying intimacy meant for
one person (Clara) and not for a larger audience. It works well, though I don’t think it is for everyday use.
Forest Scenes, however, responds magnifcently to just this type of approach, and Chiovetta gives us
one of the best ever silver-disc’d. This piece is unlike much of Schumann; its technical hurdles are not so
tremulously formidable as to challenge the fngers in any undue manner, but it also might be the one
piece in all of Schumann that responds best to a detached persona. Like a clever birdwatcher on the
edge of the woods, the performer who wishes to succeed in this work must observe more than
participate; these are refections of what he or she sees as opposed to entering the fray actively engaging
the subject matter. Chiovetta does a fne job of just this, and his sketches are of a most- perceptive artist.
The so-called “Geister Variations” come from the last creative moments in the composer’s life. In 1854,
when left a moment with his youngest daughter, Marie, he bolted for the bridge four blocks away over the
Rhine and threw himself in. (...) The piece betrays no evidence of his
condition, and in fact is one of the most sober compositions he ever penned. Its beauties are many,
though no one will rank it among his masterworks, as neither did his wife, who did not include it in her
edition of her husband’s work—it saw the light of day only in 1941. Chiovetta plays it well, and the work
does deserve a larger hearing. It makes for a pithy conclusion to this disc, a short theme followed by fve
brief variations.
Recommended primarily for the wonderful Forest Scenes but each performance here is worthy of your
investment.
Revue Musicale de Suisse Romande, A.Pecqueur
Schumann par Fabrizio Chiovetta
Après l'enregistrement remarquable des sonates de Beethoven par Cédric Pescia (Claves), un autre jeune
pianiste romand nous séduit dans le répertoire germanique cette fois-ci avec des oeuvres de Schumann.
Fabrizio Chiovetta (né en 1976) a choisi de réunir trois partitions composées à différents moments de la
vie du grand romantique allemand. Dans les Waldszenen, le pianiste fait montre d'un toucher à la fois
fuide et articulé, de nature à créer dans chaque pièce une atmosphère propre. Sa sonorité très claire
engendre toujours une belle lisibilité des différents plans sonores. Dans Kreisleriana, le jeu se fait plus
généreux. On regrette parfois que le rubato soit trop mesuré, trop pudique. Mais son intelligence du texte
musical reste admirable, peut-être grâce à son travail, notamment sur instruments d'époque, avec Paul
Badura-Skoda. Quant aux Geistervariationen, écrites juste avant que Schumann ne soit interné, elles
distillent, derrière leur académisme de façade, une profonde mélancolie. La luminosité du jeu de Fabrizio
Chiovetta décevra ceux qui recherchent dans la musique de Schumann des sonorités brumeuses. Mais
ce style plus latin est porté par un tel engagement qu'on aurait tendance à envier ses élèves du
Conservatoire de Genève.
Classica-Répertoire
Vouloir illustrer trois époques créatrices différentes de Schumann était une bonne idée. Des Kreisleriana,
puissante oeuvre de jeunesse, aux Geistervariationen ultime et discrète création du compositeur déjà
atteint par la folie, en passant par les si attachantes Scènes de la forêt de la pleine maturité, le parcours
était séduisant.
Le pianiste suisse ne semble pas manquer d’expérience ni d’une certaine capacité à saisir l’esprit de
nombreuses pages, notamment des plus intellectuelles et des plus poétiques. Il évite dans les Scènes de
la forêt le piège du trop descriptif, traduit avec tact la part de rêve des moments les plus intérieurs des
Kreisleriana et la pudique retenue des Geistervariationen qui rappelle le retour sur soi-même de la
conclusion pianistique de L’Amour et la vie d’une femme. (...)
Neu Aargauer Zeitung, Jurg Häller
Starke romantische Empfndsamkeit
BRUGG Fesselndes Klavierrezital von Fabrice Chiovetta
Mit Werken von Schubert und Schumann entführte der junge italienisch-schweizerische Künstler in ein
hoch entwickelte Gefühlswelt, die von raschen Stimmungswechseln gekennzeichnet war. Obschon der
Pianist gesundheitlich nicht voll auf dem Damm war, beeindruckte er durch sein vielseitiges
Gestaltungsvermögen.
« Ich möchte mich zum Lieblingskomponisten aller Wienerinnen emporschwingen », meinte Schumann
1839, als er seine « Arabesque » op. 18 beendet hatte. Mit der Fantasie voll einer freundlichen
Grundstimmung eröffnete er den Abend. Dank seiner kultivierte Anschlagtechnik dürfte er sich auch in
die Herzen einiger Bruggerinnen gespielt haben.
Noch stärker konnte sich der Künstler mit den acht Fantasiestücke unter dem Titel « Kreisleriana »
proflieren. Schumann liess sich von der abenteuerlichen Figur des Kapellmeisters Kreisler, erfunden von
E.T.A. Hoffmann, inspirieren. Wenn man sich aber die stark kontrastierenden einzelnen Stücke anhörte,
kann man eher auf den Gedanken, in dieser Musik widerspiegle sich die Befndlichkeit des Komponisten.
Da wechselten die Gefühle und Stimmungen stetig. Hoffnungen wurden durch Verzweifung zunichte
gemacht, man wurde hin- und hergerissen. Chiovetta, der sich einer
ausgezeichneten Technik rühmen darf, gelang es, die einzelnen Sätze mit vielen Farben und Gefühlen
anzureichern. Er war ein empfndsamer Geschichtenerzähler am Flügel. Tobende und aufwühlende
Passagen wechselten mit friedvollen und lieblichen Partien. Aus gesundheitlichen Gründen hatte der
Pianist die länger dauernden « Davidsbündlertänze » mit der « Kreisleriana » vertauscht.
Voll auf such heraus ging der Interpret in Schuberts letzter Sonate B-dur D 960, nachdem in den
vorangegangenen Werken ein kleiner Mangel an Ausstrahlungskraft zutage getreten war. Die Komposition
stellt technisch keine grossen Probleme; vielmehr fordert sie vom Interpreten ein hohes Mass an
Kantabilität, Klangkultur und Ausdrucksvermögen. Chiovetta erfüllte die Bedingungen eines der
bedeutendsten, tiefgründigsten und schönsten Werke der deutschen Klavier-Romantik in hohem Masse.
Der bisher unbekannte Genfer mit Solistendiplom entpuppte sich als sensibler Poet. Er versenkte sich in
innige oder verträumte Partien, lotete ernsthafte Gedanken anschaulich aus, gestaltete das tänzerische
Scherzo mit erforderlichen Leichtigkeit, zeichnete die verschwenderische Fülle von melodienseligen
Gedanken mit viel Expressivität nach. Das nicht überaus zahlreiche Publikum feierte den Pianisten sehr
herzlich und genoss eine Zugabe in Form eines Müsterchens aus den «Davidsbündlertänze» von
Schumann. Damit nahm die letzte Veranstaltung der heurigen erfolgreichen Kammermusikkonzerte im
Zimmermanhaus ihren Abschluss.
Tribune de Genève, Luca Sabbatini
Fabrizio Chiovetta, le mystère Schumann 
CD CLASSIQUE Pianiste genevois aussi secret que talentueux, Fabrizio Chiovetta jouit d’une enviable réputation auprès de ses pairs musiciens. Membre de Piano Seven, il reste avant tout un interprète classique. Enregistré au Canada, son premier CD (Palexa/Musicora) réunit trois chefs- d’œuvre romantiques signés Robert Schumann: Kreisleriana, Waldszenen et les Geistervariationen, partition tardive d’un compositeur à l’orée de la folie. Sous les doigts de Fabrizio Chiovetta, la musique s’illumine de l’intérieur, par la grâce d’une sensibilité hors du commun, qui transporte l’auditeur au cœur du génie schumannien.
Le Courrier, Anya Léveillé
Fabrizio Chiovetta sur les traces de Robert Schumann
DISQUE - Pianiste accompli, le Genevois consacre un album à des oeuvres méconnues du compositeur allemand. Un futur classique? Rencontre. Fabrizio Chiovetta est une personnalité incontournable du monde pianistique genevois. Actif dans de nombreux projets, il enseigne également le piano au Conservatoire de Musique de Genève. Son premier enregistrement, paru en septembre chez Palexa, pourrait bien devenir une référence pour les aficionados du piano schumannien. ​
Audiophile Audition (USA), Gary Lemco
This all-Schumann recital from Swiss-born virtuoso Fabrizio Chiovetta adds another young disciple of musical Romanticism into the select roster of initiates in the Davids-League.
The music extends over some sixteen years in Schumann’s development, from the 1838 Kreisleriana after E.T.A. Hoffmann to the 1849 Forest Scenes, concluding with Schumann’s last score written in 1854, just prior to his suicide attempt and subsequent incarceration to an asylum in Endenich. This score remained suppressed until 1941, only to emerge in somewhat the same light as his misbegotten Violin Concerto in D Minor, a symbol of mental disintegration and musical fixation. The nine pieces of the Waldszenen unfold with enthusiastic directness, with Chiovetta urging a soft palette from his Hamburg Steinway, courtesy of engineer Martin Leveille. The opening Entritt plays like a Schubert song, while the ensuing Jaeger auf der Lauer exudes Florestan’s virile optimism. Lonely Flowers traces a delicate semi-gavotte among the blooms in Wordsworth. We can hear the influence of Bach in Verrufene Stelle, but no less of folk song. Lyric ingenuousness marks both Friendly Landscape and The Village Inn, but the Cheshire Cat might be chasing the Prophet Bird, as the flitting figures coil and dissolve almost in the same moment. The Hunting Song breaks out the French horns and a pack of horses and hounds, the energy jubilant and guiltless. The Abschied bids farewell, less to a real forest than to a sylvan gesture of the mind, a green thought in a green shade. The volatile imagination in Schumann finds a splendid vehicle in Hoffmann’s antic Kapellmeister, an artist with Hamlet’s capacity for applied madness. (...) Much of Kreisleriana could be “relegated” to the level of an astonishing series of etudes, but more as exercises in imaginative gestures than mere finger studies. But a passionate purveyor of this opus will bestow upon them a divine character, their sonorous novelty in every charismatic turn. The melancholy Theme in E-flat plays like a chorale, while its chromatic evolution anticipates the intricate baroque mind of Busoni. The second variant clearly moves in canon, after the late Bach of the Art of Fugue. The Poco piu mosso variation adds a chromatic series of broken chords into the chorale mix; the Variation IV will remind auditors of Chopin’s C Minor Prelude. The fifth conveys a nervous anxiety, less “ghostly” than genuinely haunted by inner demons, albeit quietly conservative and somberly subdued.